(We are) Paths

Ce travail explore le thème des personnes dites à « Haut potentiel intellectuel – HPI », parfois appelées également surdouées, neuro-atypiques ou encore zèbres.

Sujet encore méconnu il y a encore quelques dizaines d’années, nous savons à présent que cette particularité d’ordre génétique est responsable de l’augmentation de la vitesse de traitement des données par le cerveau, souvent faites en « étoile » ou en arborescence. En résumé, ils ou elles ne réfléchissent pas mieux que les autres, mais différemment. Cette manière de fonctionner et de percevoir le monde engendre dans la plupart des cas bien plus de souffrances qu’imaginé par le conscient collectif. En effet, intrinsèquement lié à cela et pour ne citer que quelques exemples, s’ajoute : une hypersensibilité (cognitive et sensorielle), un sentiment de décalage constant avec l’entourage, un perfectionnisme à outrance, une faible estime de soi (syndrome de l’imposteur), un besoin de sens et de logique au quotidien, une empathie parfois démesurée.

« J’ai ce sentiment que tant de choses me traversent. Les émotions des autres, leurs craintes, leurs joies, leurs peines. Parfois je ne sais pas quoi faire de tout cela ni comment l’évacuer. »

Les personnes dites HPI sont souvent comparées à des « éponges ». Capables de percevoir extrêmement facilement leur environnement ainsi que les émotions des autres par une analyse rapide des expressions, de la gestuelle ou encore de l’intonation de la voix.

« Tout analyser, tout tenter de comprendre, tout le temps. Ce mot, surchauffe, revient régulièrement dans ma vie. Trop de données à traiter, jamais de vide ou de répit. »

Les aptitudes générales de ces personnes vont se développer dans divers domaines, avec cette notion de « touche-à-tout » constamment évoquée. L’exigence démesurée vis-à-vis de soi-même engendre pourtant une peur de l’échec constante.

« J’ai longtemps pensé que je n’étais pas normale, que je devais plus me fondre dans la masse. J’arrive souvent à imiter ce qui m’entoure tel un caméléon, mais cela m’épuise et me rend souvent triste. »

La sur-adaptation est un mécanisme courant chez les surdoué.e.s, reflétant la volonté d’appartenir malgré tout à un ensemble et de surtout répondre aux attentes des autres. La peur de décevoir est un sentiment souvent évoqué, nourri par l’image du « petit génie » à qui tout devrait réussir sans difficultés.

« J’essaie d’apprendre, avec le temps, à ne pas avoir honte de qui je suis, même si je n’en parle que très rarement. Afin de m’approprier ces vagues constantes qui s’entrechoquent en moi, j’aime imaginer qu’il s’agit de fluides, remplis de couleurs, semblables à des énergies. Celles-ci traversent mon corps mais aussi le monde qui m’entoure. Nous sommes tel des sentiers, des êtres qui servent de passages à la beauté complexe et tortueuse de notre monde. »

AP, 2021